Au théâtre ce soir…

La minute K

Mercredi dernier avait lieu de Conseil municipal. C’est toujours un étrange spectacle, avec bien peu —trop peu— de spectateurs et où les acteurs se jouent la comédie, dirait-on, pour eux-mêmes, comme s’ils se croyaient sous les yeux de la population et purgent à demi-mots perfides leurs passions, leurs haines, ou tout simplement cherchent à se convaincre de leur propre importance. Une assez pitoyable comédie humaine où l’une écrit fébrilement des notes pour créer une illusion de sérieux, alors que le compte-rendu enregistré sera retranscrit intégralement et que l’autre consulte discrètement un site de vente par correspondance sur sa tablette, et cela tandis que l’incohérent attelage des girouettes affiche aujourd’hui le contraire de son propos d’hier…

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D’où vient le vent ?

Je faisais état en septembre dernier de la situation politique à Plaisir en cette période qui précède les élections municipales. Nous nous y prononcions pour un rassemblement des forces clairement de gauche, en vue de la reconstruction d’un pôle social et écologique fort et sans compromis. Je me suis contraint au silence sur ce blog pendant presque trois mois du fait des négociations qui étaient en cours avec nos partenaires éventuels (c’est-à-dire la partie du PS qui n’a pas complètement viré à droite, les Verts et des « citoyens », dits de la « société civile » —je mets toujours des guillemets à ces mots si banalisés qu’ils ne veulent plus rien dire et servent d’alibi à n’importe quoi). Autant l’annoncer tout de suite, ces négociations ont avorté. je ne m’étendrai pas sur les causes de cet échec prévisible : il y avait tant d’arrière-pensées et de non-dit chez certains, d’ambition personnelle chez d’autres que cela créait des obstacles insurmontables pour présenter une union loyale et sincère aux Plaisirois. Nous passons donc à autre chose sans nous étendre sur les détails de tractations politiques que la population estimerait, à juste titre, méprisables.

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Vers les élections municipales…

Nous vivons une période curieuse et intéressante. Désespérante, parfois aussi, où toutes les apparences que nous prenions pour l’ordre du monde révèlent brusquement leur inanité sans pour autant laisser entrevoir une alternative, un peu comme si les suaires qui donnaient forme aux fantômes du vieux monde tombaient à leurs pieds révélant le néant qui les habitaient sans que pour autant une chair neuve ne les remplace.

Voilà un début bien pompeux et grandiloquent pour évoquer la rentrée politique à Plaisir, chef-lieu de Canton d’environ 31 000 âmes, à la veille de la campagne électorale des municipales.

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Petits gestes et grands enjeux…

Et surtout, opportunisme à tous les étages !

J’ai écouté ce matin, avec un certain effroi, Yannick Jadot à l’émission les 4 vérités de France 2. Il est certain que la prise de conscience de l’urgence climatique s’impose à tous et qu’elle exige de chaque formation politique une vraie prise en compte de la question écologique. Les partis écologistes, les Verts en particulier, ont eu le discernement d’être les premiers à mettre en avant cette urgence ; aujourd’hui la société entière et surtout les jeunes en sont de plus en plus conscients. Reste que ladite urgence ne doit pas être trahie par des pseudo-solutions qui ne prendraient pas le mal à la racine. C’est là que se situe le combat idéologique d’actualité, et malgré qu’en ait Jadot, c’est aussi un combat de classe.

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Deux ans après…

En juillet 2017, pour commenter la photographie officielle du nouveau Président, j’écrivais que souvent ces clichés soigneusement élaborés avaient traduit quelque chose de la nature du pouvoir qui s’installait et que ce dernier portrait, tout en faux-semblants, exprimait sûrement « la face faussement souriante mais implacable d’un libéralisme autoritaire et brutal ». Aujourd’hui, nous pouvons dire que la photo ne mentait pas en nous laissant deviner cela.

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Serre-tête, hijab, kippa et autres accessoires vestimentaires…

Pour une fois qu’un député de la majorité me fait sourire, je n’allais pas manquer l’occasion ! Aurélien Taché, député LaREM du Val-d’Oise a en effet déclaré : « Vous me posez la question pour une jeune fille de douze ans qui porterait le voile et serait élevée dans une famille musulmane. Est-ce que vous me poseriez la question sur une famille catholique, une jeune fille à qui on mettrait un serre-tête? Bien sûr que non« . C’était pourtant une bonne question, mais cette déclaration a soulevé une réprobation indignée de la plupart de ses pairs et bien sûr, il s’est dégonflé et dès le lendemain s’est excusé de ce bref moment de clairvoyance…

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Le grand déballage

Dans le dernier billet, j’évoquais ce qu’était un argument : un énoncé qui pouvait avoir une apparence neutre, mais qui orientait son destinataire vers une conclusion. J’entends ainsi sur toutes les chaines de télévision que les actes antisémites recensés en 2018 en France ont augmenté de 74% par rapport à l’année précédente. C’est factuellement vrai et c’est inquiétant, mais une information complète devrait resituer les chiffres dans un contexte plus large. Ce serait aussi vrai et aussi incomplet de dire que ces actes ont diminué de 37% depuis 2000, voire de 80% depuis 2004, et il serait plus exact de dire qu’ils se tiennent, hélas, dans une moyenne, bon an, mal an, inchangée. L’interprétation des chiffres fait aussi partie des arguments.

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Nommer…

Nommer les choses, c’est déjà commencer à les trahir, c’est les faire passer du chaos du réel à la disposition ordonnée les idées et à les intégrer dans des réseaux signifiants : au-delà de la chose qu’il veut représenter dans le discours, le mot dit l’accentuation idéologique inférée, consciemment ou non, par celui qui le profère ; nous savons tous qu’il n’est pas indifférent d’appeler « charges » les cotisations sociales, de dire « gouvernance » pour gouvernement ou de substituer « plan social » à licenciement collectif. Chacun, en reprenant le vocabulaire d’un énoncé entendu quelque part, se trouve ainsi être plus ou moins le vecteur des représentations charriées par les mots dont l’usage lui est imposé par la parole dominante, sans qu’il soit immédiatement transparent à ce formatage a priori de son esprit.

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Droit de vivre ou pouvoir d’achat ?

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Il est étonnant de constater la bêtise —puisqu’il faut bien lui donner un nom— de l’exécutif macroniste, c’est-à-dire finalement de Macron lui-même. C’est à dessein que je dis « bêtise » car la fable habituelle est de vanter son brio intellectuel, son ascension fulgurante et son aisance discursive. Et sûrement a-t-il beaucoup de ces qualités qui font le « bon élève » et le conduisent à mépriser les cancres qui, les pauvres, ne détiennent pas les codes sociaux de la réussite. Il lui manque cependant l’essentiel : la vision juste de l’état de notre société, le reste n’est que du clinquant. Lire la suite

De la violence

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Manifestation du 9 octobre, Paris

« On parle souvent de la violence d’un fleuve qui emporte tout sur son passage, mais jamais de la violence des rives qui l’enserrent ».

Ce sont bien sûr les évènements des derniers samedis qui imposent à ma mémoire cette citation bien connue de B. Brecht. Et ce « on » qui parle trop, ce pourrait être les médias, les chaines d’info continue en particulier, qui ont besoin de spectaculaire pour capter des parts de marché, ce sont aussi les commentateurs et porte-parole officiels qui cherchent à orienter l’opinion en imposant de sommaires grilles de lecture de l’évènement. Lire la suite