Rousseau, Ruffin, Roussel et les autres…

On s’engueule au sein de la Nupes, et ce genre de spectacle à gauche n’est pas nouveau. A entendre les réactions des uns et des autres, on a le sentiment que le moindre mot est surinterprété soit pour dénigrer un Fabien Roussel auquel certains ne pardonnent pas de s’être présenté contre Mélenchon à la présidentielle, soit pour attaquer LFI par qui des communistes se sentent (parfois à juste titre) maltraités. De ce fait, des divergences, que personnellement j’estime mineures, sont instrumentalisées et montées en épingle pour régler des comptes… Et tout cela pour le plus grand profit des droites qui utilisent ces divisions pour décrédibiliser la Nupes.

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La guerre de mouvement…

Il y a un an, j’écrivais :

[La fachosphère] est présente dans tous les domaines de la vie sociale et culturelle : on l’a vue à la Manif pour tous, elle est entrée dans nos maisons grâce aux chaînes Bolloré, se répand sur les ondes avec Sud-radio et bientôt, qui sait ? Europe 1, elle a créé ses propres médias, formant ainsi, à côté de sa façade politique du RN, un véritable quadrillage idéologique sous une apparence de patch-work, mais parfaitement interconnecté et labourant les esprits. C’est ce que Gramsci décrivait comme la guerre de position qui permettait en gagnant l’un après l’autre les différents compartiments de l’opinion publique, d’obtenir l’hégémonie culturelle. L’étape suivante est la guerre de mouvement : c’est-à-dire la prise du pouvoir.

Il est à craindre que cette guerre de mouvement n’ait été entamée dimanche dernier avec les élections législatives.

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La chauve-souris

Mon bulletin de vote, revu et corrigé

A la veille des législatives de 2017, Jean-Luc Mélenchon accusaient les Communistes, les Verts, les frondeurs socialistes qui cherchaient des alliances, d’être, selon son expression : « une famille tuyau de poêle où l’on s’emboîte si bien que dernier tient la main d’un macroniste ». Cette accusation m’avait choqué : elle pouvait certes s’appliquer à une partie de ce qu’on appelle trop facilement la « gauche », mais en tout cas ce n’était pas la mienne, pas celle des communistes plaisirois qui se sont toujours opposés aux coalitions opportunistes avec les libéraux prétendus sociaux.

A la veille des législatives de ce mois, je me suis félicité, même si la répartition me semblait très injuste vis-à-vis du Parti communiste, de l’accord électoral de la Nupes où enfin la gauche (sans guillemets, cette fois, du moins je l’espère…) se trouvait réunie mais je ne m’attendais certes pas, dans ma circonscription, à devoir tenir la main d’un crypto-macroniste naguère élu Modem puis UDI avant de devenir l’attaché parlementaire d’une socialiste ralliée à LREM…

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Quelle union populaire ?

Au moment où je commence à écrire ce billet, le PCF n’a pas encore signé l’accord électoral négocié avec la France Insoumise — je devrais peut-être écrire plutôt « imposé par Mélenchon ». Il est très probable qu’il le fera dans les heures qui suivent et c’est tant mieux car c’est nécessaire. Ce qui ne veut évidemment pas dire que cet accord est juste.

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Troisième tour ?

Comme je l’expliquais dans le billet précédent, je ferai l’impasse sur le deuxième tour car, je le répète, désormais, je ne vote plus que pour mes idées : ce ne sont surtout pas celles de Marine Le Pen mais sûrement pas celles de Macron non plus. Terminés le vote par défaut, le vote « utile », le vote pour éliminer, le vote du « moins pire »… A ceux qui ont foutu la merde de la nettoyer tout seuls ! Ce qui est à l’ordre du jour maintenant, c’est l’inévitable troisième tour, et s’il n’a pas lieu dans les urnes des législatives —ce qui est probable— il devra avoir lieu dans la rue, dans les entreprises et les universités.

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Ô Dieu l’étrange peine…

Je n’ajouterai pas une Nième analyse à ce que rabâchent tous les chroniqueurs de la vie politique professionnels ou amateurs, non, je vais juste essayer de dire ce qu’il ne faudrait pas dire.

Hier, comme annoncé, j’ai voté Fabien Roussel et je ne le regrette pas un instant. Je précise qu’il n’y a chez moi aucune animosité contre la FI ni même contre Mélenchon (bon, un peu de méfiance, vu son passé socialiste, avouons-le). La même échéance se reproduirait-elle demain dans les mêmes circonstances que j’agirais exactement de la même façon. Pourquoi ?

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J-2

Une raison de plus de voter Fabien Roussel !

Et cette raison, bien sûr, tient à ça genre de dégradation de nos affiches. Sur d’autres, j’ai vu le graffiti assez ignoble de « collabo », et je n’évoque même pas les insultes sur les réseaux sociaux ! Viendraient-elles de la droite que je n’éprouverais pas la même colère : leur morale n’est pas la nôtre, (disait le vieux Léon) mais quand ce genre de bassesses vient de personnes avec qui nous avons des horizons partagés et des luttes communes, cela me révulse et me conforte dans mon intention de soutenir Fabien Roussel.

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Du vote dit « utile »…

J’ai toujours exprimé une vive défiance vis-à-vis de l’opération sémantique qui consiste à surdéterminer un mot en lui ajoutant une caractérisation : il s’agit à chaque fois d’en limiter la portée voire d’en brouiller complètement le sens. Par exemple, « l’égalité des chances », slogan aux apparences séduisantes, devient une euphémisation de l’inégalité réelle ; de la même façon le « vote utile » est la négation de la liberté d’un citoyen souverain à exprimer ses convictions par un choix personnel.

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« La guerre a levé son front de taureau… »

Ce vers, Aragon l’écrivait en 1954, au sujet du Guatemala victime alors d’un coup d’état fomenté par la CIA. C’est un très beau poème qui dit en quelques mots la vie simple des gens face à l’horreur brutale de la guerre, il été chanté par Marc Ogeret et ce sont ces paroles qui me reviennent en mémoire quand aujourd’hui, l’Ukraine est sous les bombes. Le dessin qui illustre ce billet est tiré du compte Instagram d’une jeune femme ukrainienne, Marina, qui aujourd’hui est à Kiev et dont j’avais pu faire quelques photos en octobre dernier ; elle l’accompagne de ces mots :

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Ethos, pathos & logos…

Balancer quelques mots grecs, ça fait toujours riche, un peu pédant aussi, et même si ceux-là sont bien connus depuis Platon et Aristote, certains lecteurs auront peut-être cru que j’allais parler des trois mousquetaires… D’autant que l’idée de duel ne sera pas forcément étrangère à mon propos puisqu’il s’agit du débat politique et de l’escrime des mots.

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