À Plaisir, une triangulaire sans enjeu, en France, une nouvelle donne au poker-menteur…

Il est bien difficile de tirer une leçon quelconque de l’élection municipale de Plaisir, et il est probable que le résultat national mérite une analyse plus approfondie que déplorer la faible participation, s’émerveiller de la poussée verte et se réjouir qu’enfin la bulle du macronisme éclate…

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Rhétorique électorale, 2

Au choix…

Dans le billet précédent, nous avons essayé de montrer comment chaque candidat, dans son rapport à ses destinataires construisait, si l’on peut dire, une scène énonciative, comment il délimitait l’arène où les concepts allaient s’affronter. En simplifiant à l’extrême, on pourrait déceler trois attitudes : la parole désincarnée et impersonnelle qui tombe du ciel avec Ginter (PG) et veut s’imposer comme vérité générale au-dessus de la mêlée, celle de la bonne bergère Kollmannsberger (MJK) qui guide pas à pas son troupeau (vers quel abîme ? C’est une autre question), et celle de l’humble Priou-Hasni (AJPH) qui nous montre l’image d’une servante obséquieuse, cherchant à complaire à ses maîtres, les habitants-électeurs, en l’occurrence. Le dieu, la guide et la démagogue racoleuse, si l’on voulait caricaturer… Mais ce n’est pas mon genre, vous le savez bien !

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Rhétorique électorale, 1

« ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai. »

La rhétorique, comme chacun le sait, est l’art de la persuasion : il s’agit de produire un discours qui obtienne l’adhésion de ses destinataires. Cette adhésion repose à la fois sur la rigueur de l’argumentation et les ressorts affectifs des émotions suscitées, la clarté de l’énoncé et la personnalité de l’énonciateur —l’ethos, dit-on en termes savants— qui rend crédible son propos, ne serait-ce que par sa cohérence avec l’action passée. En exprimant les choses plus directement, on peut dire que les quatre piliers d’une bonne communication sont :

  • Le crédit personnel qu’on accorde à celui qui s’exprime ;
  • Sa capacité à se faire bien comprendre ;
  • Les émotions, positives comme négatives —empathie ou colère— qu’il sait nous communiquer :
  • Et enfin, la pertinence et la véracité de ses arguments.

Je mentionne ces éléments dans cet ordre car il correspond pour une bonne part à leur importance dans le mécanisme de la persuasion ; et si, en bonne logique, on pourrait penser que le plus important est celui que je cite en dernier, il faut se rappeler l’aphorisme d’un expert en la matière, Talleyrand, que j’ai placé en exergue de ce billet.

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Élection, piège à cons

Démocratie ?

Un titre un peu anar, des couleurs d’insurrection et puis surtout, une question.

Rappel des épisodes précédents : Dans le billet du 19 mai, je m’efforçais, à partir d’une anecdote locale assez mineure, de mettre en évidence les contradictions, à mon avis insurmontables, qui traversent ce que certains appellent encore la gauche. Même si le mot, assurément ne veut plus dire grand chose pour la majorité de nos concitoyens…

Aujourd’hui, partant de la même démarche —à savoir de la réalité matérielle immédiate des conditions politiques locales—je voudrais explorer, après celui d‘émancipation, le concept très ambigu de démocratie. Et la réalité matérielle immédiate dont je pars, c’est, bien sûr, le second tour de l’élection municipale.

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En attendant le second tour…

Blog confiné depuis le dernier billet, il y a un mois et demi : pas envie d’écrire sur une maladie qui s’étale dans tous les médias, pas envie de rabâcher les mêmes critiques —par ailleurs tout-à-fait justifiées— de l’impéritie gouvernementale, même pas envie non plus de souligner que la bulle du macronisme commence enfin à éclater avec trois ans de retard… Alors je vais revenir à l’election municipale de Plaisir pour essayer de comprendre l’impasse dans laquelle nous nous trouvons. Avis au lecteur : celui qui n’aime pas les longs propos théoriques peut s’arrêter tout de suite.

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Question de vocabulaire

Un héros de notre temps

Je parle souvent des mots. C’est que la langue est constituée des briques, de la charpente et du ciment, qui nous servent à édifier notre représentation du monde. Ciment de toutes ces petites articulations logiques qui, au moins en apparence, lient les briques en solidifiant le rapport entre elles, charpente de la syntaxe qui donne une intelligibilité et une cohérence —peut-être fallacieuse— à l’ensemble et enfin les mots qui sont ces briques conceptuelles de notre vision du monde. Aussi quand on change les mots, on infléchit toujours cette vision : ils sont le lieu idéologique d’un combat permanent entre des accentuations sociales divergentes. Et ce combat n’est autre que la lutte des classes.

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Il faudra se rappeler…

Affichettes au mur des urgences de la Salpêtrière

Quand l’épisode Covid-19 sera terminé, il faudra se rappeler que la crise actuelle du système de Santé dont il est le tragique révélateur, n’est pas le produit de la fatalité : elle est le résultat de choix politiques depuis plus de trente ans…

Je retranscris ici, un petit compte-rendu du Contrepoint n°25 (version papier, distribuée l’été dernier). Je l’avais écrit en juin 2019 à la suite d’une visite au service des urgences de La Pitié-Salpêtrière où j’accompagnais une personne malade. En ces temps d’épidémie et de confinement quelques rappels ne sont pas inutiles sur l’état dans lequel les politiques libérales d’austérité ont mis l’hôpital public.

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Les voleurs d'espoir…

Plaisir : un deuxième tour entre le centre et la droite

« La politique c’est le monde de l’imposture. Leur savoir-faire est dans le faire-savoir. Ils sont dans leur grande majorité des voleurs d’espoirs de pauvres. » a écrit avec bon sens le navigateur Olivier de Kersauson. Cette phrase résume à elle seule la campagne de l’élection municipale de la ville de Plaisir —et sûrement de bien d’autres aussi. Et s’il ne fallait garder qu’un mot, ce serait imposture : « tromperie de celui qui se fait passer pour ce qu’il n’est pas » (Robert) »

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Petit guide…

Vu dans la poubelle du hall de mon immeuble hier midi

…à l’usage de l’électeur pour bien choisir la prochaine majorité municipale.

Vous vous doutez bien que ce billet va se terminer en vous disant qu’il n’y a qu’un choix : la liste menée par Djamel Niati ! Cependant ce n’est pas la réponse attendue qui importe, mais la méthode infaillible pour la trouver. Quelle est donc cette méthode ? D’abord, ne pas se fier aux belles paroles mais aux faits : on a l’habitude de dire qu’ils sont têtus car ils vous ramènent toujours au réel.

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J-8

À une semaine du premier tour de l’élection municipale, il est bien difficile de dire qui l’emportera le 22 mars et même qui abordera en tête la dernière ligne droite le soir du 15. La liste unie de droite l’avait emporté dès le premier tour, d’abord en 2008 face à une gauche apparemment unie où le Parti socialiste se remettait mal de sa division qui en 2001 lui avait fait perdre la Ville, puis en 2014 face à une gauche désunie car le même PS avait choisi alors une alliance à droite avec le MoDem, ce qui avait déterminé qu’une liste Front de Gauche, refusant ce choix, se présente également. Les mêmes causes produisant les mêmes conséquences, nous nous retrouvons en 2020 dans une situation semblable à gauche face à une liste centriste au positionnement ambiguë.

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