Vers les élections municipales…

Nous vivons une période curieuse et intéressante. Désespérante, parfois aussi, où toutes les apparences que nous prenions pour l’ordre du monde révèlent brusquement leur inanité sans pour autant laisser entrevoir une alternative, un peu comme si les suaires qui donnaient forme aux fantômes du vieux monde tombaient à leurs pieds révélant le néant qui les habitaient sans que pour autant une chair neuve ne les remplace.

Voilà un début bien pompeux et grandiloquent pour évoquer la rentrée politique à Plaisir, chef-lieu de Canton d’environ 31 000 âmes, à la veille de la campagne électorale des municipales.

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Petits gestes et grands enjeux…

Et surtout, opportunisme à tous les étages !

J’ai écouté ce matin, avec un certain effroi, Yannick Jadot à l’émission les 4 vérités de France 2. Il est certain que la prise de conscience de l’urgence climatique s’impose à tous et qu’elle exige de chaque formation politique une vraie prise en compte de la question écologique. Les partis écologistes, les Verts en particulier, ont eu le discernement d’être les premiers à mettre en avant cette urgence ; aujourd’hui la société entière et surtout les jeunes en sont de plus en plus conscients. Reste que ladite urgence ne doit pas être trahie par des pseudo-solutions qui ne prendraient pas le mal à la racine. C’est là que se situe le combat idéologique d’actualité, et malgré qu’en ait Jadot, c’est aussi un combat de classe.

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Deux ans après…

En juillet 2017, pour commenter la photographie officielle du nouveau Président, j’écrivais que souvent ces clichés soigneusement élaborés avaient traduit quelque chose de la nature du pouvoir qui s’installait et que ce dernier portrait, tout en faux-semblants, exprimait sûrement « la face faussement souriante mais implacable d’un libéralisme autoritaire et brutal ». Aujourd’hui, nous pouvons dire que la photo ne mentait pas en nous laissant deviner cela.

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Serre-tête, hijab, kippa et autres accessoires vestimentaires…

Pour une fois qu’un député de la majorité me fait sourire, je n’allais pas manquer l’occasion ! Aurélien Taché, député LaREM du Val-d’Oise a en effet déclaré : « Vous me posez la question pour une jeune fille de douze ans qui porterait le voile et serait élevée dans une famille musulmane. Est-ce que vous me poseriez la question sur une famille catholique, une jeune fille à qui on mettrait un serre-tête? Bien sûr que non« . C’était pourtant une bonne question, mais cette déclaration a soulevé une réprobation indignée de la plupart de ses pairs et bien sûr, il s’est dégonflé et dès le lendemain s’est excusé de ce bref moment de clairvoyance…

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Le grand déballage

Dans le dernier billet, j’évoquais ce qu’était un argument : un énoncé qui pouvait avoir une apparence neutre, mais qui orientait son destinataire vers une conclusion. J’entends ainsi sur toutes les chaines de télévision que les actes antisémites recensés en 2018 en France ont augmenté de 74% par rapport à l’année précédente. C’est factuellement vrai et c’est inquiétant, mais une information complète devrait resituer les chiffres dans un contexte plus large. Ce serait aussi vrai et aussi incomplet de dire que ces actes ont diminué de 37% depuis 2000, voire de 80% depuis 2004, et il serait plus exact de dire qu’ils se tiennent, hélas, dans une moyenne, bon an, mal an, inchangée. L’interprétation des chiffres fait aussi partie des arguments.

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Nommer…

Nommer les choses, c’est déjà commencer à les trahir, c’est les faire passer du chaos du réel à la disposition ordonnée les idées et à les intégrer dans des réseaux signifiants : au-delà de la chose qu’il veut représenter dans le discours, le mot dit l’accentuation idéologique inférée, consciemment ou non, par celui qui le profère ; nous savons tous qu’il n’est pas indifférent d’appeler « charges » les cotisations sociales, de dire « gouvernance » pour gouvernement ou de substituer « plan social » à licenciement collectif. Chacun, en reprenant le vocabulaire d’un énoncé entendu quelque part, se trouve ainsi être plus ou moins le vecteur des représentations charriées par les mots dont l’usage lui est imposé par la parole dominante, sans qu’il soit immédiatement transparent à ce formatage a priori de son esprit.

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Droit de vivre ou pouvoir d’achat ?

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Il est étonnant de constater la bêtise —puisqu’il faut bien lui donner un nom— de l’exécutif macroniste, c’est-à-dire finalement de Macron lui-même. C’est à dessein que je dis « bêtise » car la fable habituelle est de vanter son brio intellectuel, son ascension fulgurante et son aisance discursive. Et sûrement a-t-il beaucoup de ces qualités qui font le « bon élève » et le conduisent à mépriser les cancres qui, les pauvres, ne détiennent pas les codes sociaux de la réussite. Il lui manque cependant l’essentiel : la vision juste de l’état de notre société, le reste n’est que du clinquant. Lire la suite

De la violence

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Manifestation du 9 octobre, Paris

« On parle souvent de la violence d’un fleuve qui emporte tout sur son passage, mais jamais de la violence des rives qui l’enserrent ».

Ce sont bien sûr les évènements des derniers samedis qui imposent à ma mémoire cette citation bien connue de B. Brecht. Et ce « on » qui parle trop, ce pourrait être les médias, les chaines d’info continue en particulier, qui ont besoin de spectaculaire pour capter des parts de marché, ce sont aussi les commentateurs et porte-parole officiels qui cherchent à orienter l’opinion en imposant de sommaires grilles de lecture de l’évènement. Lire la suite

Où en sommes-nous ?

Les communistes vont devoir se prononcer à partir d’aujourd’hui sur les quatre textes proposés pour servir de base au prochain congrès. La première information à retenir est bien sûr qu’il y ait quatre textes d’orientation et qu’il n’a pas été possible de s’accorder sur une base commune à tous que le congrès aurait pu amender. Pour moi, cela traduit plus nos incertitudes qu’une division réelle, même si certaines positions peuvent sembler inconciliables : hésitation sur notre stratégie et perte de confiance dans notre direction nationale. Lire la suite

Désenchantement(s)

le chiffon rouge

« La connaissance tue l’action, pour agir il faut que les yeux se voilent d’un bandeau d’illusion » écrivait Nietzsche. C’est peut-être ce qui détermine notre actuelle incapacité à agir…

J’écris « désenchantement(s) » —avec un « s » facultatif— car je le crois multiple, il ne se limite pas à la perte d’une illusion commune, celle d’un monde où l’on ne redoutait pas l’avenir et qui n’était que promesse de progrès, il se décline dans presque tous les compartiments de notre société, en déceptions, frustrations, écœurements, jusqu’à la haine qui devient le seul moteur véritable de l’action.  Lire la suite