Le grand déballage

Dans le dernier billet, j’évoquais ce qu’était un argument : un énoncé qui pouvait avoir une apparence neutre, mais qui orientait son destinataire vers une conclusion. J’entends ainsi sur toutes les chaines de télévision que les actes antisémites recensés en 2018 en France ont augmenté de 74% par rapport à l’année précédente. C’est factuellement vrai et c’est inquiétant, mais une information complète devrait resituer les chiffres dans un contexte plus large. Ce serait aussi vrai et aussi incomplet de dire que ces actes ont diminué de 37% depuis 2000, voire de 80% depuis 2004, et il serait plus exact de dire qu’ils se tiennent, hélas, dans une moyenne, bon an, mal an, inchangée. L’interprétation des chiffres fait aussi partie des arguments.

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Nommer…

Nommer les choses, c’est déjà commencer à les trahir, c’est les faire passer du chaos du réel à la disposition ordonnée les idées et à les intégrer dans des réseaux signifiants : au-delà de la chose qu’il veut représenter dans le discours, le mot dit l’accentuation idéologique inférée, consciemment ou non, par celui qui le profère ; nous savons tous qu’il n’est pas indifférent d’appeler « charges » les cotisations sociales, de dire « gouvernance » pour gouvernement ou de substituer « plan social » à licenciement collectif. Chacun, en reprenant le vocabulaire d’un énoncé entendu quelque part, se trouve ainsi être plus ou moins le vecteur des représentations charriées par les mots dont l’usage lui est imposé par la parole dominante, sans qu’il soit immédiatement transparent à ce formatage a priori de son esprit.

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Droit de vivre ou pouvoir d’achat ?

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Il est étonnant de constater la bêtise —puisqu’il faut bien lui donner un nom— de l’exécutif macroniste, c’est-à-dire finalement de Macron lui-même. C’est à dessein que je dis « bêtise » car la fable habituelle est de vanter son brio intellectuel, son ascension fulgurante et son aisance discursive. Et sûrement a-t-il beaucoup de ces qualités qui font le « bon élève » et le conduisent à mépriser les cancres qui, les pauvres, ne détiennent pas les codes sociaux de la réussite. Il lui manque cependant l’essentiel : la vision juste de l’état de notre société, le reste n’est que du clinquant. Lire la suite

De la violence

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Manifestation du 9 octobre, Paris

« On parle souvent de la violence d’un fleuve qui emporte tout sur son passage, mais jamais de la violence des rives qui l’enserrent ».

Ce sont bien sûr les évènements des derniers samedis qui imposent à ma mémoire cette citation bien connue de B. Brecht. Et ce « on » qui parle trop, ce pourrait être les médias, les chaines d’info continue en particulier, qui ont besoin de spectaculaire pour capter des parts de marché, ce sont aussi les commentateurs et porte-parole officiels qui cherchent à orienter l’opinion en imposant de sommaires grilles de lecture de l’évènement. Lire la suite

Où en sommes-nous ?

Les communistes vont devoir se prononcer à partir d’aujourd’hui sur les quatre textes proposés pour servir de base au prochain congrès. La première information à retenir est bien sûr qu’il y ait quatre textes d’orientation et qu’il n’a pas été possible de s’accorder sur une base commune à tous que le congrès aurait pu amender. Pour moi, cela traduit plus nos incertitudes qu’une division réelle, même si certaines positions peuvent sembler inconciliables : hésitation sur notre stratégie et perte de confiance dans notre direction nationale. Lire la suite

Désenchantement(s)

le chiffon rouge

« La connaissance tue l’action, pour agir il faut que les yeux se voilent d’un bandeau d’illusion » écrivait Nietzsche. C’est peut-être ce qui détermine notre actuelle incapacité à agir…

J’écris « désenchantement(s) » —avec un « s » facultatif— car je le crois multiple, il ne se limite pas à la perte d’une illusion commune, celle d’un monde où l’on ne redoutait pas l’avenir et qui n’était que promesse de progrès, il se décline dans presque tous les compartiments de notre société, en déceptions, frustrations, écœurements, jusqu’à la haine qui devient le seul moteur véritable de l’action.  Lire la suite

Quatre mois…

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Après quatre mois de silence, je vais essayer de laborieusement revenir sur ce blog et commencer par tenter de comprendre ce long silence. J’ai souvent expliqué que je ne tenais pas tant ce blog dans un but de « communication », au sens où j’aurais voulu transmettre des convictions, mais dans une démarche de réflexion personnelle : j’ai besoin d’un interlocuteur virtuel pour construire ma pensée dans une sorte de dialogue imaginaire, et j’ai besoin de l’écrit pour fixer mes idées. Mon destinataire fictif peut tantôt revêtir la forme —ou « l’informe »— d’un adhérent du PS, être drapé de l’opportunisme arrogant d’un macronien, afficher la bêtise brutale de l’ancienne droite, manifester cette soumission aveugle propre aux insoumis ou vivre toutes les incertitudes qui inhibent l’action de mes camarades du parti. Finalement, on détermine toujours sa position dans le cadre de repères externes qui nous délimitent et nous définissent. Lire la suite

Déontologie, disent-ils…

Le 14 mars, s’est tenue la réunion mensuelle du Conseil municipal de la Ville de Plaisir, et il y eut quelque animation…

Déontologie, disent-ils… C’est sûrement pour confirmer l’adage qui énonce que c’est ce qu’on connait le moins dont on parle le plus. Nous y reviendrons plus loin, mais j’ai mis en exergue de ce billet, la réponse —ou plutôt, la non-réponse— de Mme K. aux questions que se posent les élus sur la baisse des subventions aux écoles de Plaisir. Nul besoin de longs commentaires, la vidéo parle d’elle-même : mépris, agressivité, impatience, pour finalement esquiver toute réponse claire. Une certaine vision de la démocratie municipale selon Mme la Maire… En toute déontologie ! Et c’est de cette dernière notion que nous allons maintenant parler. Lire la suite

La méthode Macron…

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Succès électoral pour le moins improbable, passage brutal par ordonnances de mesures ultra-libérales sans rencontrer de vraies résistances, diminution du pouvoir d’achat en faisant passer le démantèlement du système de cotisation de la Sécu pour un progrès, baisse masquée des retraites et aujourd’hui attaques programmées contre les fonctionnaires, les cheminots et les chômeurs… Tout semble réussir à ce Rastignac de la merdonité !

Un retour sur sa méthode s’impose. Lire la suite

Déliquescence…

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Ce billet m’est suggéré par la décomposition politique locale, que ce soit au niveau municipal de Plaisir ou au niveau communautaire de Saint-Quentin-en-Yvelines. En effet, il semble que la seule dynamique à l’œuvre soit celle de la déliquescence, une déliquescence sans perspectives proposées à la population, ni quelconque adhésion populaire à d’hypothétiques alternatives, comme si la population ne se sentait plus concernée du tout par l’action de ses supposés représentants. Lire la suite