Patriotes ?

Ce fait deux mois que je ne suis pas exprimé sur ce blog qui me sert principalement à essayer de mettre mes idées au clair pour moi-même, bien plus qu’à exercer un prosélytisme quelconque. Et mes idées ne sont pas claires du tout, ce qui explique ce silence. Je ne vois guère d’issue politique à la situation actuelle et je ne peux que dresser le constat de l’extrême-droitisation de la société française que j’évoquais déjà il y a un an. Que faire contre cela ? Plein de choses évidemment, mais elles semblent toutes vaines face à la victoire culturelle d’un néo-fascisme qui semble même reléguer Marine Le Pen dans le camp des modérés, tandis que la droite supposée républicaine se livre à une surenchère électoraliste sur les thèmes les plus nauséabonds.
Lire la suite

Un mouvement populaire embarrassant…

Avec ce titre, je fais bien sûr référence au surprenant mouvement social actuel anti-passe sanitaire et anti-vaccination, qui succède à sa façon au tout aussi surprenant mouvement des gilets jaunes. Que ces embrasements populaires embarrassent les gouvernants n’est certes pas une nouveauté, mais ce qu’il y a de nouveau avec ces derniers c’est qu’ils résonnent comme l’étrange écho du « et de gauche et de droite » gouvernemental et de ce fait désorientent un peu nos analyses politiques encadrées par notre structuration idéologique. On voit s’y côtoyer des syndicalistes attachés au droit social et des complotistes de toute espèce, des gens de gauche comme d’extrême-droite…

Lire la suite

Érosion démocratique ?

Patrick Mignola, président du groupe Modem à l’Assemblée, a déclaré lundi que si le taux d’abstention était si élevé, c’était aussi de « leur » faute —comprenons de la faute du gouvernement et des députés… Sans blague ? On aurait pu croire à un bref moment de tardive lucidité, mais il a aussitôt complété que la faute était de ne pas avoir retenu la proposition de son parti concernant le vote par correspondance, voire le scrutin électronique ou même le vote obligatoire. Bref, si les gens ne votent plus, ce n’est pas parce que ça ne sert à rien, mais parce que les modalités ne sont pas adaptées et que faute de motivation, il faudrait éventuellement avoir recours à la coercition. Ils ont vraiment tout compris !

Lire la suite

Têtes à claques

Macron et son hochet

Faut-il l’avouer ? La gifle à Macron, non seulement ne m’a pas choqué, mais m’a même procuré un petit plaisir… Je sais que les beaux esprits qui s’auto-proclament républicains sans bien savoir ce que ça veut dire et profèrent de doctes conneries creuses ne manqueront de dénoncer ce manque de respect à la fonction et à l’homme, ce rabaissement de la démocratie ou, cette « inquiétante » montée de la violence, mais si je m’en réfère au dictionnaire, une tête à claques est une « personne déplaisante, agaçante voire insupportable », tout Macron, quoi ! avec son air de fayot premier de la classe et chouchou de la maîtresse.

Lire la suite

Comme un malaise…

Manifestation des syndicats de policiers, le 19 mai à Paris, devant l’Assemblée Nationale

Comme un malaise, c’est ce que j’avais ressenti l’autre matin en écoutant Fabien Roussel déclarer qu’il participerait à la manifestation des policiers, le 19 mai devant l’Assemblée Nationale. Je ne discute pas ses arguments : oui, la sureté est une exigence démocratique primordiale pour tous les citoyens. Oui, les assassinats de policiers sont odieux. Oui, la police, comme d’ailleurs l’ensemble du service public, est malmenée par les politiques libérales et devrait disposer des moyens nécessaires à l’exercice de ses missions. Oui, elle est victime d’un dénigrement de la part d’un (bonne) partie de la population. Mais sur ce dernier point, elle devrait dans une mesure certaine s’en prendre aussi à elle-même…

Lire la suite

Éparpillée façon puzzle

Facile d’ironiser sur l’état actuel de la « gauche ». Et bien difficile de ne pas le faire… Ce qui m’inspire cette amère réflexion, c’est l’amusant patchwork qui se prépare pour les élections départementales dans les Yvelines. Mais ce doit être pareil ailleurs.

Ici, on retrouve la gauche plurielle (PCF, EELV, PS, auxquels s’ajoute Génération•s) comme durant les belles années Robert Hue —qui ont fait tant de mal au PCF—, c’est le cas à Houilles, par exemple, où l’accord semble conclu, par contre, ailleurs, les Verts s’allient à la France Insoumise et à Génération•s contre le PS (Les Mureaux) et nous PCF, nous nous retrouvons à Conflans, avec le PS, opposés à la France Insoumise avec qui nous présentons cependant le même jour et dans les mêmes bureaux, une liste commune pour les Régionales contre les Socialistes cette fois , voilà qui va aider l’électeur à comprendre… Et tous bien sûr nous nous réclamons de l’union. Quant au canton de Plaisir, n’en parlons même pas : il semblerait que le mouvement Génération•s flirte maintenant avec le PS et EELV qui l’avaient si bien trahi lors des récentes Municipales !

Lire la suite

2022

Dessin de Babouse paru dans l’Humanité Dimanche du 18 mars 2021

Nous allons parler, vous l’aurez compris, de la prochaine élection présidentielle. Ce dessin de presse, à sa façon, illustre parfaitement l’impasse dans laquelle les institutions peu démocratiques de la Vème République nous ont conduits. La constitution de 1958, née dans le contexte particulier de la crise liée à la guerre d’Algérie nous a imposé un régime qui, après une séquence plébiscitaire liée à la large adhésion à la personnalité du général De Gaulle, a mené à la sous-représentation d’une très importante partie de la population et à une alternance toujours décevante entre une droite ordo-libérale et une prétendue gauche sociale-libérale : la parenthèse d’espoir de 1981 à 1983, s’est soldée par l’abandon de toute ambition de transformation de la société au profit d’une vision de modération limitée des excès du capitalisme : le progrès social, la conquête de nouveaux droits démocratiques cédaient le pas devant les petits aménagements destinés à rendre supportables l’exploitation et l’inégalité. C’est cette vision qui a mené la « gauche » de Rocard en Strauss-Kahn, de Hollande en Moscovici, jusqu’au petit condottiere actuellement à l’Élysée, c’est-à-dire à conduire une politique clairement de droite.

Lire la suite

La ligne éditoriale

J’ai regardé sans enthousiasme l’émission politique « Vous avez la parole » [VALP] d’hier soir qui opposait Gérald Darmanin à Marine Le Pen sur la loi concernant le « séparatisme » et qui, selon les commentateurs, constituait le premier débat préalable à l’élection présidentielle. J’ai, comme tout ceux qui l’ont suivie, entendu Léa Salamé répondre à Alexis Corbière « vous n’allez quand même pas remettre en cause la ligne éditoriale de l’émission… » et cette réflexion m’a interpelé : pourquoi faire un tabou de la façon dont un débat est organisé ? Jean-Luc Mélenchon avait justement remis en cause cette ligne et refusé au dernier moment de participer au débat avec Olivier Véran, en octobre dernier. Cela amène naturellement à une seconde question : quelle est donc le rôle de cette ligne éditoriale ? Et la réponse nous conduira inévitablement au cœur de l’appareil idéologique qui tend à formater notre représentation du monde, ou, plus exactement en l’occurrence de la vie politique nationale.

Lire la suite

Unité municipale & démocratie participative…

La mère Noel ?

Le bulletin municipal de ce mois de janvier nous réserve la surprise d’une « tribune conjointe cosignée des 3 groupes« . Il est vrai que la tribune de début d’année est traditionnellement consacrée aux vœux, exercice assez formel de bienveillance obligée, mais est-ce à dire que des vœux ne sont pas politiques ? Certes non. C’est sûrement un coup adroit de Mme K qui, profitant de la pandémie à un moment où elle est vivement contestée pour avoir transformé Plaisir en grand Disneyland commercial, affiche une unité municipale de façade devant à la crise sanitaire. Autre coup, l’annonce de la mise en place d’une pseudo-démocratie participative…

Lire la suite

Légitime violence

vu à la manifestation du 22 mars 2018

Dans le dernier billet, j’évoquais la fascisation rampante de notre société à travers la remontée depuis les égouts de l’Histoire de thèmes nationalistes, racistes, chauvins et haineux. Je citais en particulier les enquêtes concernant le vote des policiers à l’élection présidentielle : plus de 80% de ceux-ci avaient voté Le Pen, Fillon ou Dupont-Aignan, et même 67% des policiers en activité pour la candidate du Rassemblement national.

Cela ne veut pas dire que la Police en tant qu’institution soit fascisante : elle est statutairement républicaine. Mais à coup sûr ce chiffre établit que la composition humaine de ce corps n’est pas à l’image du pluralisme idéologique de la société. C’est bien aussi ce qu’a traduit involontairement la phrase révélatrice du Préfet Lallement qui a répondu à une manifestante des Gilets jaunes : « Nous ne sommes pas du même camp, Madame ». La Police aurait donc un camp…

Lire la suite